Hier soir, en finissant de bosser, j’ai jeté un oeil sur Twitter qui attendait avec impatience la diffusion de Enquête Exclusive ayant pour thème « Secrets et succès des africains de Paris ». Depuis la semaine dernière, au sein de la sphère afro, c’était un peu l’attente.

Ayant pour habitude de voir des sujets traités par Bernard de la Villardière et ses équipes depuis des années, je savais qu’il ne faillait pas que je perde mon temps à regarder ce programme. Je savais que clichés et autres allaient être véhiculés. 10 minutes sur Twitter par-ci, par là, quelques extraits vidéos et captures d’écran faits par certains m’ont conforté dans ma décision. C’était du grand n’importe quoi.

 

Pour Enquête Exclusive, Château Rouge c’est les Champs Elysées Black. C’est vrai que l’on ne sort jamais de Château Rouge. Le Marais ? On ne connaît pas ! Le 11ème non plus. Non, non, tous les africains et afrodescendants business women et men sont à Château Rouge.

Toutes les femmes portent des tissages en permanence. Non, il n’y a pas de Salon Boucles d’Ebène ou de Natural Hair Academy. On n’aime pas nos cheveux c’est connu. Et surtout, surtout, seules les femmes noires en portent… (on reparle de toutes les stars de téléréalité ou pas sur cette question de tissage et d’extensions ?)

On ne dit pas noir mais Black (au cas où ce serait un gros mot).

Voilà, l’émission nous a parlé mariage, dot, poisson et cacahuète censé être les codes, us et coutumes du chic de la nouvelle génération africaine et afro parisienne.

Encore une fois, Enquête Exclusive et son équipe ont fait dans le cliché et sont à des milliers d’années lumières des africains de Paris. Ils ont tout loupé. Les talents, les créateurs d’entreprise, les artistes, la nouvelle génération qui réussit à tirer le meilleur des 2 mondes. De la France et de l’Afrique. Mais suis-je bête … les clichés font plus d’audience que montrer les réussites.
Que de montrer toute une Jeune génération qui innove et réussie avec chic et classe dans de nombreux domaines et à Paris.
Pourquoi  n’ont-ils pas été voir les fondateurs de Fashizblack, le Media ? Pourquoi ils n’ont pas été voir les fondateurs de Dear Muesli ? Pourquoi n’a ton pas parlé d‘Eli Kuame le styliste ou encore de la Black Fashion Week ? Où est visiterlafrique.com et Diane Audrey Ngako ? Pourquoi into the chic portée par une équipe afro descendant n’est pas citée ? Où sont Muses Uniform, Djulicious, les marques comme Mansaya ou Afrostream ? Et Aïssa Maïga, Imany, Inna Modja, Hapsatou Sy, Sonia Rolland, et Flora Coquerel ?Où est cette Afrique qui fait la différence, ces jeunes qui donnent tout pour avancer, qui n’est pas que clichés ? Pas dans ce reportage en tout cas. Il n’y avait rien d’Afrique Chic dedans. Bien loin de moi l’idée d’être condescendante vis à vis des personnes du reportage, mais la voix off et ses commentaires ainsi que le montage ne correspondent pas au sujet promis.
Bravo pour le Club Efficience et le 10000 codeurs. Mais tout le reportage aurait dû être sur ce type de profil. Ce que l’on ne voit jamis.
Quant au Wax, le traitement de ce sujet montre encore que le reportage n’a pas bénéficié d’un travail de fond. La voix off  a dit que c’est la tendance du moment ? Cela fait 10 ans que la marque mansaya travaille et revisite le wax. C’est tout sauf une tendance dans le monde afro.
Sur les réseaux sociaux, la communauté noire (je vous assure, ce n’est pas un gros mot) est assez unanime sur le sujet : c’est du gros n’importe quoi pour rester poli (une image non représentative de la réalité vie par des milliers de téléspectateurs confortés dans leurs clichés sur les noirs parisiens)
Quand vous voulez Enquête exclusive pour vous faire le programme d’un reportage sur le sujet avec des infos valorisantes et des portraits qui brisent en deux secondes tout les clichés que vous avez véhiculé hier soir.
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