Dans son numéro de mars 2017, le magazine Glamour publie un édito dont le sujet est le féminisme. Un édito qui dessert la cause, insulte quelques femmes au passage, et tout sauf objectif. Vous avez dit féministe ?

 

L’édito de Glamour – Mars 2017

Au sein de ce numéro, la parole est laissée à Leïla Slimani, journaliste et écrivaine (qui s’est par ailleurs livrée au micro de Lauren Bastide dans son podcast « La Poudre » – à absolument écouter ici). Jusque là, tout va bien, c’est un très bon choix.

Pour débuter son édito, la rédactrice en chef du magazine papier cite Elisabeth Badinter, Simone Veil et Françoise Giroud. Là aussi, rien à dire.

Les choses se corsent par la suite, quand la rédactrice en chef cite « Les Chiennes de Gardes » et les accuse d’avoir montré les dents avec rage après chaque insulte sexiste prononcée dans l’espace public. La rédactrice en chef poursuit avec des générations de « blogueuses et d’instagrammeuses en mal de sujet et de followers, féministes auto-proclamées, et théoriciennes à la petite semaine ». Suivi d’un « Merci, mais les femmes méritent mieux que ça ».

Et puis l’édito se termine en ajoutant que l’on peut être féministe, bien habillée, avec des cheveux longs et même blonds.

Un magazine féminin qui ne comprend plus son époque

Il va falloir m’expliquer un truc (et je me pose beaucoup de questions) : comment un magazine féminin, censé être dans l’ère du temps, décoder les tendances et évolutions de la société peut cracher sur sa cible, aka les femmes ? Comment la rédactrice en chef, dont je ne cite volontairement pas le nom, peut qualifier des blogueuses féministes de « théoriciennes à la petite semaine » ? Depuis quand on s’insulte entre femmes dans un édito, Mme la Rédactrice en Chef ?

A quel moment, cette phrase que l’on retrouve sur les banderoles des chiennes de garde à t’elle été oubliée : « Le féminisme n’a jamais tué personne, le machisme tue tous les jours ». Alors, oui, montrer les dents à chaque insulte sexiste est une nécessité.

Comment en 2017, on peut associer « féministe » à une description d’apparence physique ? C’était l’occasion de ne pas tomber dans ce piège, celui des machistes qui qualifient les féministes de moches, mal-baisées, trop masculines, de haineuses enver les hommes. Et vous avez mis les deux pieds, vos deux bras et votre cerveau dans ce piège.

Que se passe-t’il chez Glamour ? Est-ce que le magazine n’arrive plus à suivre son époque ? Est-ce qu’il est complètement déconnecté de la réalité et de ce qu’il se passe tous les jours dans notre société et sur la toile (vu qu’apparemment, il y a un problème avec le phénomène twitter, instagram, blog) ?

 

Les féministes, les blogs et instagram, le trio nécessaire !

Parce que j’ai envie de dire, qu’il suffit de suivre sur les bons comptes quelques jours pour voir tout ce que les femmes, que la rédactrice en chef « insulte », font pour la cause des femmes, jeunes filles et petites filles.

Elles dénoncent, se mettent en danger, se font insulter, se font menacer (on ne compte plus le nombre de menace de viols), se font harceler. Et à côté de ça, le magazine Glamour publie un édito qui réduit à néant leurs actions. Elles organisent des conférences, colloques et lettres aux responsables de gouvernement pour alerter les autorités et faire changer les choses. Elles informent, des femmes comme moi sur le sujet avec des faits. Théoriciennes à la petite semaine ? Au contraire…

Elles font votre boulot ! Elles parlent de ce que nous vivons, au quotidien. Les différences de salaires, les titres de journaux réduisant l’image des femmes, les jouets trop genrés, les campagnes de pub avilissantes (que vous ne touchez pas car il ne faudrait pas froisser un annonçeur hein…)

 

Etre féministe, c’est vouloir l’égalité homme-femme

Les féministes ne veulent pas autre-chose que l’égalité homme-femme. A aucun moment, une féministe dit haïr les hommes et les érige en ennemi public numéro 1. Vous pouviez faire la différence avec un édito qui montre que vous nous comprenez et que vous nous respectez. Nous, les femmes, vos lectrices et les nôtres. Un édito qui saluait celles qui tous les jours se consacrent à la cause. Avec ce genre d’édito, vous nous renvoyez 20 ans en arrière.

 

Et je terminerai, par un « Merci mais les femmes méritent mieux que l’édition papier de Glamour ».

 

PS : Penelope Bagieu, Rokhaya Diallo et Lauren Bastide en photos, c’est ma sélection de femmes féministes, qui osent, activent sur le digital. Elles alertent, font bouger les choses, nous donnent la parole et informent.

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